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Livre de police dépôt-vente : ce que le registre doit contenir
Un dépôt-vente reçoit chaque jour des objets de particuliers qu’il ne possède pas encore. Le Code pénal prévoit pourtant son registre : le déposant y figure comme un vendeur, et l’estimation de l’objet remplace le prix d’achat. Voici ce qu’il faut inscrire, ce qui peut être regroupé et ce que vous risquez sans déclaration.

Pourquoi un dépôt-vente doit-il tenir un livre de police ?
Le registre d’objets mobiliers, qu’on appelle livre de police, est imposé par l’article 321-7 du Code pénal aux professionnels qui revendent des objets d’occasion. Le dépôt-vente est visé expressément : l’article R321-3 cite la personne qui a « remis en dépôt en vue de la vente » un objet. Le registre se tient jour par jour.
L’omission de tenir ce registre, y compris par négligence, est punie de six mois d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. Lorsque l’exploitant est une société, l’obligation pèse sur ses dirigeants.
Le registre a deux supports possibles. Le registre papier est coté et paraphé par le commissaire de police ou, à défaut, par le maire, et il se conserve cinq ans à compter de sa clôture (R321-6). Le registre automatisé dispense du registre physique, garantit l’intégrité et l’intangibilité des données et les conserve dix ans (R321-6-1).
Qu’est-ce qui change entre un achat et un dépôt ?
Pour un objet déposé, le registre note le déposant à la place du vendeur, la date du dépôt à la place de la date d’achat, et une estimation de la valeur vénale à la place du prix d’achat. Chaque objet reçoit un numéro d’ordre, inscrit au registre et apposé de façon apparente sur l’objet ou le lot.
Côté identité, l’article R321-3 demande les nom, prénoms, qualité et domicile du déposant, ainsi que la nature, le numéro et la date de délivrance de sa pièce d’identité, avec l’autorité qui l’a établie. Si le déposant est une personne morale, le registre note sa dénomination, son siège et l’identité de son représentant.
Côté valeur, l’article R321-5 prévoit, pour un dépôt en vue de la vente, une estimation de la valeur vénale de chaque objet ou lot. Le même article demande, lorsque le revendeur en a connaissance, la mesure de protection de l’objet au titre du code du patrimoine. La description de l’objet comprend ses caractéristiques et les marques, signatures, numéros de série et autres signes qui servent à l’identifier.
Dans le modèle officiel de l’arrêté du 15 mai 2020, la deuxième colonne s’intitule « Date de l’achat, du dépôt ou de l’apport à l’échange » et la quatrième désigne « le vendeur, le déposant ou l’apporteur à l’échange ».
| Mention | Objet acheté | Objet déposé |
|---|---|---|
| Date (colonne 2) | Date de l’achat | Date du dépôt |
| Personne (colonne 4) | Le vendeur | Le déposant |
| Valeur (R321-5) | Prix d’achat et mode de règlement | Estimation de la valeur vénale |
| Pièce d’identité | Nature, numéro, date et autorité de délivrance | Identique |
| Numéro d’ordre (R321-4) | Inscrit au registre et apposé sur l’objet | Identique |
Les objets de faible valeur peuvent-ils être regroupés ?
Oui. L’article R321-3 permet de regrouper sous une mention et une description communes les objets dont la valeur unitaire n’excède pas un montant fixé par arrêté, s’ils ne présentent pas d’intérêt artistique ou historique. L’arrêté du 29 décembre 1988 fixe ce montant à 60 euros. Un numéro d’ordre commun suffit alors (R321-4).
La Direction générale des entreprises rappelle ce plafond de 60 euros, en valeur unitaire d’achat, dans sa publication du 5 décembre 2025. Pour un objet déposé, les textes ne précisent pas quelle valeur comparer au plafond : en cas de doute, inscrivez l’objet seul.
Faut-il déclarer son dépôt-vente en préfecture ?
Oui. L’article R321-1 impose à toute personne tenue au registre une déclaration préalable à la préfecture ou à la sous-préfecture dont dépend son établissement principal, à la préfecture de police à Paris. Elle reçoit un récépissé, à présenter à toute réquisition de la police, de la gendarmerie, des services fiscaux, des douanes et de la répression des fraudes.
Omettre cette déclaration est puni par l’article R635-3 du Code pénal de l’amende des contraventions de la 5e classe. La Direction générale des entreprises indique 1 500 euros, doublés en cas de récidive.
Le registre remplace-t-il le contrat avec le déposant ?
Non. Selon service-public.fr, le produit de la vente revient au particulier et l’exploitant perçoit une commission. Les articles R321-3 à R321-5 ne prévoient aucune mention pour cette commission ni pour le reversement au déposant. Ces conditions se règlent donc en dehors du registre.
Comment tenir le registre, étape par étape ?
- Déclarez votre activité à la préfecture avant d’ouvrir et conservez le récépissé.
- Choisissez le support : registre papier coté et paraphé, ou registre automatisé conforme à la norme ISO 14641-1, avec un journal des consultations conservé un an (arrêté du 15 mai 2020, article 3).
- À chaque dépôt, demandez la pièce d’identité du déposant et relevez son identité, la nature, le numéro, la date et l’autorité de délivrance de la pièce.
- Décrivez l’objet : caractéristiques, marques, signatures, numéros de série. Indiquez la protection au titre du code du patrimoine si vous la connaissez.
- Inscrivez l’estimation de la valeur vénale, puis la date du dépôt.
- Attribuez le numéro d’ordre et apposez-le de façon apparente sur l’objet ou le lot.
- Regroupez les objets de 60 euros ou moins, sans intérêt artistique ou historique, sous une mention commune.
- Conservez le registre cinq ans après sa clôture s’il est papier, dix ans pour les données d’un registre automatisé.
Ce que fait Registr
- Registr se paramètre à l’inscription pour le métier brocante et objets mobiliers.
- Une entrée se fait en trois gestes : photo de la pièce d’identité, photo de la facture ou du bon, un mot sur l’objet dicté à la voix. L’intelligence artificielle (Mistral, données traitées et hébergées dans l’Union européenne) remplit les champs, chacun avec un score de confiance, et vous validez.
- Le livre reprend les sept colonnes de l’arrêté du 15 mai 2020. À la validation, l’entrée est numérotée, horodatée et scellée par un hash SHA-256 chaîné à la précédente, et l’image de la pièce d’identité est supprimée. Une erreur se corrige par une écriture rectificative : l’entrée d’origine reste visible, barrée.
- L’export PDF couvre la période demandée, et un journal des consultations horodaté est exportable. L’essai dure 14 jours sans carte bancaire.
Questions fréquentes
Un dépôt-vente doit-il tenir un livre de police ?
Oui. L’article 321-7 du Code pénal impose le registre d’objets mobiliers, tenu jour par jour, et l’article R321-3 vise la personne qui a remis un objet en dépôt en vue de la vente. Ne pas le tenir, même par négligence, est puni de six mois d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.
Que faut-il inscrire à la place du prix d’achat pour un objet en dépôt ?
L’article R321-5 prévoit, pour un dépôt en vue de la vente, une estimation de la valeur vénale de chaque objet ou lot d’objets. Elle se note dans le registre à la place du prix d’achat et du mode de règlement, qui concernent les objets achetés.
À partir de quelle valeur faut-il inscrire un objet individuellement ?
L’arrêté du 29 décembre 1988 fixe à 60 euros la valeur unitaire maximale des objets regroupables sous une mention commune. Les objets ayant un intérêt artistique ou historique ne se regroupent pas, quelle que soit leur valeur.
Quelle amende si je n’ai pas déclaré mon dépôt-vente en préfecture ?
L’article R635-3 du Code pénal punit l’omission des déclarations de l’article R321-1 de l’amende des contraventions de la 5e classe. La Direction générale des entreprises indique 1 500 euros, doublés en cas de récidive. L’absence de registre relève d’une peine distincte.
Sources
- Code pénal, art. 321-7, Légifrance
- Code pénal, art. R321-1, Légifrance
- Code pénal, art. R321-3, Légifrance
- Code pénal, art. R321-4, Légifrance
- Code pénal, art. R321-5, Légifrance
- Code pénal, art. R321-6, Légifrance
- Code pénal, art. R321-6-1, Légifrance
- Code pénal, art. R635-3, Légifrance
- Arrêté du 15 mai 2020 (modèles de registres), Légifrance
- Arrêté du 29 décembre 1988 fixant la valeur unitaire des objets regroupables, Légifrance
- Démarrer la vente de biens d’occasion : déclaration, Direction générale des entreprises, 5 décembre 2025
- Devenir brocanteur, antiquaire ou ouvrir un dépôt-vente, entreprendre.service-public.gouv.fr
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